Expédition #8 : Fête de la bière, nuit de Crystale et voeux sanglants

Classé dans : Expéditions | 0
Le village de Kazbek à flanc de montagne

Les membres de l’expédition

  • Aelis (Roublard elfe – joué par Lavellan)
  • Aldor (Guerrier nain  – joué par L’Homme de l’ouest)
  • Bargash (Paladin tieffelin – joué par Damoc]
  • Crystale Rochebrune (Paladine Naine – jouée par Vel)
  • Koukak (Barde kenku – joué par Bounzy)
  • Loucian (Magicien elfe – joué par JohnLorde)
  • Stiopa (Moine ursidé – joué par Pierre)

 

Le récit des explorateurs

Bargash a publié des extraits de l’ode du ménestrel Mabouldingue et Frère Stiopa nous fait part de nouvelles pensées. Ils gagnent donc un point de renommée supplémentaire.

 

Le bilan de l’expédition

Départ  : le 1er avril 1228 – Aucune expédition n’est organisée. Les explorateurs restent à Kazbek pour la fête du printemps et l’intronisation de Crystale.

Statut : Tout le monde est sain et sauf. Loucian a une sérieuse gueule de bois.

XP : Tout le monde gagne un point de renommée.

Loot : une perle très pure de bonne taille, trois potions (nécromancie, évocation, transmutation) et deux parchemins de sort.

 

Les informations recueillies par l’expédition

On est tous maboules de la Rigoule !

Au village de Kazbek, malgré le froid et la neige, c’est la fête du printemps. Dans un village nain qui se respecte, le retour du printemps se fête avec de la bière… beaucoup de bière ! La Stout Rigoule coule donc à flot dans l’estaminet du hall des explorateurs (cf. le plan du village). Les fêtards vident leur pinte avec l’entrain et l’adresse d’une pratique longuement maîtrisée, tant et si bien que le personnel halfelin à toutes les peines du monde à maintenir le rythme du service.

Un qui maintient bien le rythme, en revanche, c’est la mage Loucian. Les bocks vides s’entassent devant lui et il s’applique avec une concentration très arcanique à absorber toutes les chopes que le personnel dépose devant lui. Il a décidé de fêter dignement l’intronisation de Crystale, sa compagne d’expédition qui prononce aujourd’hui ses vœux de paladine devant un parterre de notables de l’ordre du Mithril.

La détermination de Loucian donne d’excellents résultats : il est maintenant sérieusement éméché et, quand il claironne à qui veut l’entendre que la bière servie ici est sérieusement enchantée, il est bruyamment approuvé par l’ensemble des habitués du bar. Sauf peut-être Koukak l’agile qui ne participe pas aux festivités. Il s’est installé à une table en retrait et n’a pas bu une gorgée. Il se contente de surveiller discrètement le magicien.

Le professeur Ernest Briquenbrock

Pendant que certains s’amusent d’autres travaillent. Stiopa a l’intention de vendre le butin récupéré dans l’antre de Bert et William. Il connaît justement un gnome appelé Ernest Briquenbrock qui a ouvert depuis peu une boutique de « curiosités » dans le village. A vrai dire, il ne le connaît pas tant que ça et c’est bien pour cette raison qu’il se fait accompagner par Aelis. L’elfe va évaluer la marchandise et surveiller la transaction afin d’éviter toute mauvaise surprise.

Le gnome a été recommandé par Loucian car ils ont effectué une expédition ensemble. Le magicien concède que le personnage est un peu louche mais il est le seul à Kazbek à tenir ce genre de commerce et il a ses entrées à l’université arcanique de Belle-de-Jour. Ernest affirme en effet être professeur d’archéologie dans cette prestigieuse académie, ce qui semble douteux, mais tout le monde s’accorde à dire qu’il est en fait le neveu du Doyen Briquenbrock.

Stiopa négocie pied à pied et se montre si persuasif que la  transaction est un succès sans tâche. Avec Aelis, ils ressortent de chez le gnome avec un coffre lourdement chargé  d’or et le cœur débordant de satisfaction. La seule ombre au tableau pendant ce marchandage est la présence pesante de la servante d’Ernest. Non seulement la pauvre créature est muette mais en plus on devine qu’Ernest la traite misérablement. C’est un spectacle affligeant.

Mirabelle Fiertrogne, gardienne du sanctuaire des ancêtres.

L’après-midi est déjà bien avancé quand les portes du sanctuaire s’ouvrent enfin (cf. le plan du sanctuaire) et que sonne l’heure des cérémonies officielles. Tous les explorateurs se pressent dans le hall des supplicateurs pour assister à l’adoubement Crystale, la paladine. Leur curiosité est à son comble car ce n’est pas tous les jours qu’une des leurs est ainsi honorée par les autorités.

Crystale est accompagnée par ses deux témoins de moralité : Stiopa du monastère de Trinquebale et Boran le borgne, qui non seulement est un cousin proche de Crystale mais de plus est lui-même un chevalier de l’ordre du Mithril. Tous les trois attendent d’être présentés à Mirabelle Fiertrogne, la gardienne du sanctuaire, ainsi qu’aux chevaliers de l’ordre qui se sont déplacés pour l’occasion.

A la surprise générale, les cérémonies commencent par la présentation officielle de Dora, une jeune fille humaine qui est accompagnée par deux gnomes portant l’accoutrement des mages de Belle-de-Jour. La présence d’une humaine est déjà une curiosité en soi ; qu’elle soit  chaperonnée par les gnomes est inédit ; qu’elle soit intronisée par l’ordre du Mithril est inouï.

Dora, la jeune paladine humaine

C’est au tour de Crystale d’être présentée aux officiels. Plusieurs chevaliers l’invitent à venir grossir les rangs de leur place forte plutôt que de perdre son temps en de vaines explorations du pays sauvage. Sont également présents deux halfelins 1de l’école de guerre de Soukhoum qui viennent lui vanter les mérites de la célèbre académie militaire et le bénéfice qu’elle pourrait tirer d’une formation supérieure aux arts de la guerre.

Puis vient le moment où chacun se retire. Les postulants s’isolent en chambre de purification avec leurs témoins ; les officiels s’égaillent en ville pour rejoindre les festivités de retour du printemps ; Mirabelle Fiertrogne et son page retournent dans le boudoir de la gardienne pour procéder sans doute aux rituels de circonstance.

Aelis est un esprit libre. Il est venu soutenir Crystale mais, pour être tout à fait honnête (ce qui n’est pas sa qualité première^^), rester enfermé en salle de recueillement avec le formalisme du protocole et le silence compassé par respect des convenances, ce n’est vraiment pas sa tasse de thé. Il finit par se laisser gagner par l’ennui et décide donc qu’il est temps de rendre visite à Dora, la jeune humaine, et de la séduire parce que … Zut à la fin ! Un jour de fête sans histoire(s) d’amour, ce n’est pas vraiment un jour de fête !

La Rigoule ça me tourneboule !

D’une salle de recueillement à l’autre, il n’y a qu’un pas qu’Aelis franchit allègrement. Il entre sans autre forme de cérémonie mais il est immédiatement arrêté par le spectacle de désolation qui s’offre à lui. D’abord ses bottes neuves barbotent dans une mare de sang : c’est inesthétique et contrariant. Ensuite, aucune trace de la belle Dora : l’absence de l’être aimé, c’est toujours un peu frustrant. Pour finir, il y a un cadavre de gnome qui flotte dans le bassin de purification. C’est ce détail anodin qui agace le plus Aelis car cela ne cadre pas du tout avec l’idée qu’il se fait d’une belle histoire d’amour.

Aelis retourne auprès de ses amis et leur fait part de sa déconvenue. En apprenant qu’il y a eu crime, chacun s’éclipse discrètement pour aller enquêter sans perturber les prières de Crystale qui est en transe depuis qu’elle est entrée en contact avec ses ancêtres. Une recherche approfondie permet de découvrir le corps d’un second gnome caché sous une banquette, ainsi qu’un passage grossièrement creusé dans le sol et qui s’enfonce profondément vers les anciennes canalisations de drainage d’une mine désaffectée. Pendant que l’on effectuait la fouille, Bargash s’est précipité vers l’entrée du bâtiment afin d’informer le personnel du sanctuaire qu’un crime odieux venait d’avoir lieu. Par chance, il rencontre en chemin une patrouille de gardes nains à qui il explique la situation. Illico, tout ce petit monde se précipite vers les salles de méditations.

Grum le mutant

Sur place, les événements  prennent une tournure inattendue car, de manière aussi soudaine qu’inexplicable, les nains de la patrouille dégainent leurs armes et chargent désespérément le groupe d’explorateurs. Il semblerait qu’ils cherchent à forcer le passage de la chambre pour atteindre le trou creusé dans le sol. D’un point de vue strictement tactique, l’idée est assez piteuse car ils se heurtent à un mur de muscles et d’acier en les personnes de Stiopa, Bargash et Aldor. Aelis et Koukak opèrent un harcèlement sur les flancs et Loucian, toujours affreusement saoul, se jette dans la mêlée sans aucune considération pour sa propre sécurité. La suite est un chaos d’acier, de tripes et de sang.

A force de brutalité, la magie qui dissimulait l’identité des agresseurs commence à s’effriter et derrière l’illusion d’une aimable nanitude commence à apparaître leur vraie nature : Grum, le leader, est une sorte de nain dégénéré ou contrefait et ses sbires sont des hommes-rats particulièrement repoussants. La hargne des explorateurs a rapidement raison des mutants. Ils réussissent même à maîtriser Grum et à lui faire avouer ce qu’il est advenu de la jeune Dora.

L’homme-rat scélérat

La pauvresse a été capturée et emmenée dans les égouts par les hommes-rats. Stiopa se précipite dans le souterrain à la poursuite des kidnappeurs. Ils ont une sérieuse avance mais il ne veut pas céder au découragement. De plus, il compte sur son entrainement de moine et sa longue foulée d’ursidé pour refaire son retard. Derrière lui, le reste de la troupe essaie de suivre son rythme mais personne ne peut rivaliser. Se fiant uniquement à son flair, Stiopa piste les fuyards en fonçant à l’aveuglette.

Quand enfin le tunnel débouche sur l’extérieur, Stiopa assiste bouillonnant de rage mais impuissant à l’envol d’un groupe de harpies qui emportent dans leurs serres Dora inconsciente. Les hommes-rats se sont égaillés dans la nature. Nous sommes sur le flanc nord de la montagne, côté pays sauvage, il est donc probable que ces diables courent comme des dératés pour aller se réfugier au fond de leur trou.

Au sanctuaire, c’est la confusion et la consternation. Les serviteurs redoutent une seconde vague de rats mutants tandis que les officiels s’inquiètent de la médiocre sécurité du complexe. Ils s’interrogent en particulier sur l’étrange efficacité des tunneliers : est-ce une coïncidence ou bien ont-ils su précisément où creuser pour arriver dans les salles de méditation ?

L’imposante statue de Tranchepet portant sa météorite

Quoiqu’il en soit, la doyenne Mirabelle ne se laisse pas émouvoir par les événements et elle poursuit imperturbable son service de gardienne des ancêtres. Elle conduit Crystale dans le saint des saints du sanctuaire, là où l’on honore Tranchepet Fiertrogne, l’ancêtre mythique du clan qui trouva une étoile tombée du ciel. Elle s’installe au pied de l’imposante statue du héros et entreprend de raconter la légende de la météorite magique qui fit la fortune du clan. La paladine écoute son aînée poliment mais assez distraitement car elle est encore prise par l’émotion des événements.

Constatant le manque d’attention de son interlocutrice, Mirabelle entraîne Crystale dans la dernière salle du complexe : La crypte de l’énigme. Elle lui fait découvrir alors les statues de trois ancêtres antiques dont le véritable nom a  été perdu mais qu’elle présente comme étant l’Aînéle Cadet et le Benjamin.  Elle révèle alors qu’on ne sait pas qui est qui mais qu’une divination a prédit que si une personne au cœur pur s’adressait aux statues, celles-ci répondraient à trois questions portant sur leur identité, que leurs réponses ne pouvaient être qu’un oui ou un non mais qu’elles seraient toujours véridiques. Si à l’issue de ces trois questions l’impétrant est capable de révéler quelle statue est l’Aîné, le Cadet et le Benjamin, alors il obtiendra la révélation d’un secret inouï ou la charge d’un objet de pouvoir ou… et Mirabelle commence à égrainer une longue liste d’hypothèses plus ou moins solides sur la nature véritable de l’énigme et de sa récompense.

 

 

  1. Aristide Chèvrefeuille, directeur des études stratégiques et Frère Brioche, l’aumônier de l’académie.