Déclaration d’intentions

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Voici en une page comment j’explique mes partis-pris ludiques et comment je réponds à la question : mais c’est quoi donc qu’il veut faire là avec son truc de la Mélancolie de l’Empereur Écarlate ?

 

Splendeur et misère des pilleurs de tombe

Du club sandwich : j’essaye de mettre en place un format de session de jeu de rôle qui concilie le jeu en campagne avec les contraintes du jeu en club1. Les contraintes les plus impérieuses étant : des sessions d’une durée limitée, une grande inconstance des joueurs (on a tous des agendas compliqués et des envies de jeu fluctuantes), l’obligation d’accueillir des nouveaux à l’improviste (parfois même ce sont des joueurs débutants) et l’envie de développer sur la durée les personnages et leurs histoires.

J’essaye de faire ma cuisine ludique avec ce que j’appelle « la recette du club sandwich » :

– C’est facile à manger : il n’y a pas des tonnes de « Lore » à ingurgiter pour commencer jouer. En fait, l’histoire tient en cinq lignes et une carte du monde.

– C’est rapide à préparer : on s’inscrit à la partie, on s’assoie à la table de jeu et on joue sans se poser de question car chaque session est un one-shot. En revanche, l’univers de jeu est lui persistant et c’est cela qui permet le jeu en campagne.

– ça se mange avec les doigts : il n’y a pas de scénario ou de méta-intrigue ; c’est donc aux joueurs de se salir les doigts et de colleter rudement leur personnage à des projets intéressants.

 

Un explorateur doit explorer : En tant que joueur, votre objectif sera de donner vie à un personnage d’explorateur qui va oser parcourir le pays sauvage, s’aventurer dans d’antiques ruines, combattre les créatures monstrueuses qui se mettent en travers de sa route et trouver les indices adéquats pour pouvoir rapporter de fabuleux trésors et objets magiques qui feront sa renommée. Des personnages tels que, par exemple, Indiana Jones, Cugel l’astucieux ou Conan le barbare sont de bons modèles.

 

De la fantaisie picaresque : L’esthétique recherchée est celle de la fantaisie de La Terre Mourante de Jack Vance. Le ton est léger, l’humour potache, avec des personnages prosaïques plutôt qu’héroïques. Le monde lui-même est sombre, cruel, parfois apocalyptique et gore, parfois grotesque et pathétique. Maléfice et chaos sont la normes dans un décors de ruines au milieu d’une nature hostile.

 

J’irai danser sur vos tombes : Tout cela se passe dans l’Empire Écarlate. Un pays maudit dont les habitants sont morts depuis bien longtemps. Leurs âmes flétries continuent néanmoins de hanter les cités en ruine et leurs corps pourrissants sont avides de dévorer l’imprudent voyageur. Le pays est également peuplé de bêtes sauvages et sanguinaires, parfois de monstres ignobles et sanguinaires ou encore d’humanoïdes cruels et sanguinaires… mais les chasseurs de trésors racontent que les antiques palais, les temples mystérieux et les ruines grandioses abritent des richesses inouïes.

 

Pour les ludistes2 du dimanche : bon ça se passe plutôt le mardi soir mais ce n’est pas la question. La question est que j’ai choisi la cinquième édition de D&D pour motoriser le jeu car elle me semble particulièrement adaptée à mes partis-pris : une compétition féroce contre l’environnement, aucun souci de l’équilibre des forces (c’est la guerre pas du sport), une grande lisibilité de la puissance des personnages et de leur progression, un système archi-connu mais enfin clair et simple (ce point est discutable mais reconnaissons que cette édition est un progrès notable) et, pour finir, une grande facilité à intégrer de nouveaux joueurs ou de nouveaux personnages.

 

Et voici une brève sélection de quelques sources emblématiques qui m’inspirent et colorent mes sessions de JDR.

Jeux  : Apocalypse World, Oltréé !Ars Magica, Pendragon, quelques productions indies telles que Yoon Suin de David McGrogan et, beaucoup, The West Marches de Ben Robbins.

Romans  : le cycle des Royaumes d’épines et d’os (Greg Keyes), les cycles de La Terre Mourante et de Lyonnesse (Jack Vance), le cycle du Disque-Monde (Terry Pratchett), le cycle de Chalion (Lois McMaster Bujold).

Films  : Bandits, Bandits (Terry Gilliam), Willow (Ron Howard), La Forteresse Cachée (Akira Kurosawa), Princesse Mononoké (Hayao Miyazaki).

Visuels (je suis très visuel) : Brom, Frazetta, Loisel, Alan Lee, Brian Froud, Moebius, Paul Bonner, Angus McBride, etc.

 

 

  1. Le jeu en club, ça se passe à La Boîte à Chimère une association dynamique impliquée dans les différentes facettes de notre hobby : jeu de plateau, grandeur nature, murder party, jeu à figurine, peinture de figurine, initiation du public, animation de convention, des publications, … Bref, dynamique et impliquée !
  2. Je fais vaguement référence ici à la théorie LNS qui donne mal à la tête et qui est sans doute un peu dépassée maintenant mais qui a le mérite d’être… et même à peu près la seule à être. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus il y a un article assez médiocre sur Wikipédia et une traduction complète des textes originaux ainsi qu’un article d’introduction sur le site PTGPTB.